mercredi 1 octobre 2008

Salariés: cette élection ne nous concerne pas

Le Devoir s'est livré ces derniers jours à un exercice intéressant: comparer les programmes des différents partis fédéraux, enjeu par enjeu. Le dernier texte de la série porte sur les mesures touchant les travailleurs et les travailleuses.

Première constatation, les enjeux de classes sont tellement obscurs que la journaliste plante dans le décors une série de mesures qui sont en fait des aides aux patrons. Par exemple, le Bloc «propose la mise en place d'un programme de prêts et de garanties de prêts qui permettrait aux entreprises d'acheter des équipements plus efficaces et de diversifier leur production». Désolé, mais je ne vois pas en quoi c'est une mesure qui concerne directement les salariés. Indirectement, certainement mais, franchement, ça aurait dû se retrouver dans le papier sur l'économie pas dans celui sur «les travailleurs».

Deuxième constatation, les mesures touchant réellement les salariés sont d'une incroyable pauvreté, même «à gauche». On retiendra la volonté d'étendre la loi anti-scab aux entreprises de juridiction fédérales, des bonifications à l'assurance-emploi et une proposition pour un salaire minimum pan-canadien à 10$ de l'heure. Il me semble que ça en dit très long sur l'état de «la gauche». En effet, il s'agit là du strict minimum.

Alors voilà, cette campagne électorale ne nous concerne pas. En tout cas, pas en tant que salarié. L'absence de propositions un tant soit peu audacieuses --par exemple touchant le temps de travail (aménagement, réduction), les droits syndicaux, la précarité, le contrôle ouvrier dans les entreprises en difficulté, etc.-- révèle qu'il n'y a tout simplement plus de gauche électoraliste au Canada. Ne le dites surtout pas aux néo-démocrates, ça leur ferait de la peine.

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5 commentaires:

Anonyme a dit…

Mais les néo-démocrates te lisent :D

-- Simon-Pierre

Anonyme a dit…

Salut Simon-Pierre! T'es très beau sur ta pancarte. Si j'habitais Limoilou j'irais voter!
Plus sérieusement, j'espère que la vie dans un parti ne ternira pas la révolte luisante comme une arme que j'ai pu admirer dans tes textes.

Alex Fatta

Francois a dit…

Mais justement Simon-Pierre, puisque tu lis, qu'as-tu à répondre à ça?

Anonyme a dit…

Je vais passer demain à la fête des pénates, et j'espère pouvoir en discuter avec ceux que ça intéresse, tout en acceptant que ma mission ici n'ira pas jusqu'à faire voter des anarchistes. En attendant, plutôt que de s'en remettre au Devoir, peut-être lire la première partie de la plateforme, en particulier sur les normes de travail, la formation, l'éducation et l'assurance-emploi.

++ SP

Nicolas a dit…

Si on ne peut plus se fier aux journalistes... ;-)